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Sébastien MARTIN, Président d’Intercommunalités de France, Président du Grand Chalon

Il faut exploiter à fond les possibilités de mutualisation entre communes et intercommunalités

Sébastien MARTIN, Président d’Intercommunalités de France, Président du Grand Chalon

FBLF - Les transitions sont multiples et les enjeux importants pour les collectivités, quel regard portez-vous sur le virage que celles-ci doivent opérer dans un délai court ?


Pour respecter nos objectifs climatiques, il faudrait multiplier par plus de deux les investissements des collectivités pour la transition écologique.



Rien que pour nos réseaux d’eau, il faudrait jusqu’à 2 milliards d’euros en plus chaque année.


Et il y a urgence.


Pour ne pas avancer en ordre dispersé et concentrer nos moyens sur des investissements structurants, une bonne organisation locale est nécessaire, en particulier pour le bloc local (communes et intercommunalités) qui est en première ligne.


Nous avons des outils éprouvés : programmation pluriannuelle des investissements, pacte financier et fiscal, projet de territoire, mutualisations.


Mais les besoins en ingénierie et en financements restent conséquents.


Nous avons besoin d’un panier fiscal adapté aux enjeux des transitions et de plus de visibilité sur nos ressources.


Là, c’est à l’État d’apporter des réponses.


IFBLF - Selon vous, quelles sont les synergies entre le monde public et les entreprises ? Les liens ont-ils évolué ces dernières années ?


91 % des intercommunalités ont mis en place un service de développement économique.


C’est 30 % de plus qu’en 2016.


L’intercommunalité assure désormais un lien quotidien avec les entreprises pour les aider à trouver du foncier pour s’agrandir, accéder à des compétences adaptées à leurs besoins, organiser l’accueil des travailleurs et leurs déplacements…


Ces liens denses permettent d’inventer de nouvelles méthodes de travail.


Par exemple, le programme Territoires d’industrie, en partant des besoins des entreprises locales et en s’appuyant sur l’animation de binômes élus-industriels, a fait émerger plus de 2000 projets industriels dans les territoires.


Nous avons d’ailleurs obtenu que ce programme soit lancé et financé pour les cinq prochaines années.


Ces relations sont encore appelées à se développer.


L’effort climatique requiert une part importante d’investissements privés et les intercos répondront présent pour accompagner les industriels dans la décarbonation de leurs activités.


IFBLF - Comment votre association accompagne-t-elle les élus du bloc local au quotidien ?


Intercommunalités de France rassemble un millier d’intercommunalités.


Notre rôle est avant tout de les représenter auprès des pouvoirs publics : nos échanges avec les ministères sont quotidiens et nous pouvons nous appuyer sur un important réseau de parlementaires intéressés par nos sujets.


Nous proposons aussi de nombreuses rencontres entre intercommunalités, au niveau régional et national.


Cela me semble indispensable car la coopération et le dialogue entre les territoires seront une des clefs pour réussir le partage du foncier face au ZAN, ou l’organisation des mobilités face aux ZFE, ou encore la solidarité territoriale autour de l'eau face aux sécheresse.


La connaissance fine des expériences et des pratiques de nos adhérents nous permet de fournir un service juridique adapté à leurs besoins, cinq jours sur sept, et de produire de nombreuses études et guides sur toutes les politiques publiques intercommunales.


Nous relayons ces travaux toutes les semaines dans notre newsletter Interco Direct, et plus en détail dans notre mensuel Intercommunalités. Je ne peux qu’en recommander la lecture.


IFBLF - Quel message souhaitez-vous leur adresser ?


Je veux d’abord leur dire qu’ils peuvent être fiers de leurs réalisations : certains commentateurs véhiculent des idées très fausses, notamment sur l’intercommunalité.


La réalité est que le bloc local fonctionne bien et qu’il est amené à prendre toujours plus de responsabilités, car c’est l’échelle opérationnelle des transitions, l’échelle de la vie quotidienne des Français, celle du « bassin de vie ».


Cela ne fonctionne que si ce bloc local… fait bloc !


Il faut exploiter à fond les possibilités de mutualisation entre communes et intercommunalités : des services mutualisés accompagnent les communes dans leurs programmes de rénovation énergétique, d’autres mettent en réseau les secrétaires de mairies, certains aident les communes à monter leurs dossiers de subventions.


Beaucoup d’intercommunalités ont aussi ouvert leurs commissions aux conseillers municipaux pour qu’ils soient mieux impliqués dans la conduite du projet de territoire.


C’est cette culture du collectif qui nous permettra d’avancer.

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